Le réchauffement climatique au Groenland

Des bébés phoques qui meurent par milliers, des mélèzes de Sibérie qui prospèrent et se multiplient, une première concession de forage délivrée à un groupe pétrolier. S'il y a encore vingt ans de nombreux scientifiques s'interrogeaient quant à l'existence avérée du réchauffement climatique, les faits sont là, indiscutables, et les questions actuelles portent sur les moyens de minimiser son impact.

Qu'est-ce que le changement climatique ?

Les changements climatiques existent depuis toujours. Ils découlent d'un ensemble de facteurs tels l'ensoleillement, l'albédo (réfléchissement de la lumière par la surface terrestre), les cycles solaires et la concentration atmosphérique des gaz à effet de serre. Depuis 800 000 ans on observe une alternance de périodes glaciaires et de périodes plus chaudes. Nous nous trouvons actuellement dans une période interglaciaire. Toutefois, le changement actuel est extraordinaire par son ampleur et sa rapidité.

Quelles sont ses causes ?

Des gaz à effet de serre forment une barrière autour de la surface du globe et retiennent la chaleur du soleil renvoyée par la terre, tout comme les vitres d'une serre de jardin. Ce phénomène naturel est nécessaire et permet la vie sur terre. Notre mode de vie provoque une émission importante de ces gaz qui jouent un rôle majeur dans le réchauffement climatique en augmentant la quantité de chaleur retenue. On parle alors d'effet de serre additionnel.

Il existe une grande diversité de gaz à effet de serre issus de processus naturels ou anthropiques. Leur influence varie en fonction de leur concentration et de leur structure moléculaire, par exemple le pouvoir radiatif d'une molécule d'oxyde nitreux (NO2) est 296 fois supérieur à celui d'une molécule de gaz carbonique (CO2).

Les principaux gaz à effet de serre:

  • La vapeur d'eau (H2O) joue un rôle majeur dans l'effet de serre naturel mais n'est pas modifiée par les activités humaines ;
  • Le gaz carbonique (CO2) est responsable de 60 % de l'effet de serre d'origine anthropique. Les ¾ proviennent de la combustion d'énergies fossiles ( charbon, pétrole, gaz) et ¼ est issu de la déforestation et de la dégradation des sols ;
  • Le méthane (CH4) provient de la décomposition organique animale ou végétale, et se forme naturellement dans les zones humides. L'homme amplifie sa production avec l'élevage intensif, la riziculture, l'exploitation de pétrole et de gaz ;
  • L'oxyde nitreux (NO2) a une origine incertaine qui serait due à la production et à l'utilisation des engrais azotés ;
  • Enfin, les halocarbures et autres gaz artificiels fluorés sont uniquement synthétiques et présents dans les systèmes de réfrigération et de climatisation, les aérosols, les mousses isolantes et les applications électriques (transformateurs, ordinateurs, portables, …). Leur durée de vie et leur potentiel de réchauffement sont très élevés.

Quelles sont les conséquences ?

La conséquence majeure du réchauffement climatique consiste en une hausse des températures à la surface du globe de 3 à 7°C au cours du 21e siècle. Mais cette augmentation a une répartition inégale et touche plus sévèrement la région arctique avec une hausse de 2,5°C depuis 1980 contre 0,7°C de moyenne sur le reste de la planète.

Les effets sont impressionnants:

  • La surface et l'épaisseur de la calotte glaciaire diminuent avec une perte annuelle de 100 milliards de tonnes de glace ;
  • Le niveau des océans augmente suite à la fonte des glaces et à la dilatation de l'eau ;
  • Le profil général du Groenland se modifie et devient plus pentu. La fonte des glaciers accélère leur mouvement vers la mer ;
  • L'accès à de nouvelles routes maritimes et à de nouveaux territoires crée une augmentation des activités industrielles génératrices de pollution ;
  • Les aires de répartitions de la faune et de la flore sont modifiées. Les espèce indigènes migrent vers le nord tandis que de nouvelles espèces colonisent les régions les plus clémentes. Les animaux vivant dans le grand nord, comme l'emblématique ours blanc, sont menacés d'extinction et le mode de vie traditionnel des populations autochtones tend à disparaître.

L'amplication du réchauffement climatique sur le Groenland

Parmi ces phénomènes, il existe un processus amplificateur des effets du réchauffement climatique. La superficie des terres recouvertes de neige diminue et la fonte printanière est plus précoce. Le vent transporte des poussières minérales à la surface de la neige qui s'assombrit. Son pouvoir réfléchissant (albédo) diminue et elle absorbe encore plus de chaleur. Ce phénomène est accentué par l'augmentation de la taille des grains de neige, augmentation liée à la hausse de la température de la neige de surface essentiellement pendant les périodes estivales où les températures sont plus élevées. Et comme ces grains de taille supérieure réfléchissent moins la lumière, ils absorbent d'avantage d'énergie solaire générant d'avantage de gros grains. L'albédo continue à diminuer et il se crée une rétroaction positive accélérant encore la fonte de la calotte glaciaire.

Face à tous ces changements, quelles sont les perspectives pour les siècles à venir ? Les différents modèles prévisionnels sont plus ou moins pessimistes, mais nous le constatons déjà : le réchauffement climatique est en cours et constitue une donnée fondamentale de notre avenir.